Le colostrum que tète le bébé au cours des premiers jours de vie est d'une très grande valeur nutritionnelle
Il est riche en nutriments assimilés directement, sans consommation d'énergie : acides aminés libres, acides gras à chaîne moyenne
Grâce à sa faible teneur glucidique, il favorise la mobilisation des graisses de réserve utile à la couverture des besoins énergétiques du bébé. Il permet ainsi de faire face à d'éventuelles diminutions des réserves de glycogène et de sucre.
Dans les premières heures après la naissance, il favorise l'utilisation de "carburants alternatifs " comme les corps cétoniques, le glycérol ou l'acide lactique, utilisables directement pour le métabolisme énergétique des cellules. L’utilisation de ces carburants par les cellules est un phénomène qui n’existe que chez le nouveau-né.
Il stimule l'activité de la lipoprotéine lipase hépatique, ce qui augmente le taux de triglycérides circulants.
Il contient une grande quantité de sels minéraux, ce qui permet de retenir l'eau dans l'organisme et, donc, de limiter la fuite hydrique et la perte de poids des premiers jours après la naissance.
Le lait produit par la suite contient tous les éléments nécessaires à la croissance du bébé pendant plus de six moisIl apporte du lactose (60 g/l), nécessaire à la couverture des besoins énergétiques et à la croissance cérébrale. Il renferme également d'autres glucides (10 g/l) qui sont soit des monosaccharides, soit des oligo-saccharides à actions biologiques multiples.
Il fournit des protéines (environ 9 à 10 g/l), parmi lesquelles :

des protéines nutritives, les caséines, qui permettent la construction cellulaire et la multiplication des tissus ;

des protéines non nutritives, impliquées dans de multiples activités hormonales ou immunologiques.
Il contient une grande quantité de graisses (30 à 40 g/l) et couvre ainsi une grande partie des besoins énergétiques.
Certaines graisses ont en outre une remarquable qualité nutritionnelle :

les acides gras essentiels (acides linoléique et α-linolénique) ;

les acides gras polyinsaturés à chaîne très longue : l'acide arachidonique, l'acide eicosapentaénoïque (EPA) et l'acide docosahexaénoïque (DHA), indispensables à la croissance du cerveau et de la rétine ;

le cholestérol, nécessaire à la construction des membranes cellulaires, dont la qualité pourrait jouer un rôle important dans l’acquisition à long terme d’une meilleure résistance cardiovasculaire.
Il contient de nombreuses enzymes de digestion, par exemple, une lipase qui est inactive dans le sein et le lait conservé dans un récipient. Mais dès que le lait atteint l’intestin du bébé, elle est activée par les sels biliaires. Ce processus permet une digestion maximale des graisses, alors que les enzymes digestifs du bébé sont encore immatures.
Il est riche en sels minéraux (sodium, calcium, fer, phosphore, zinc,…) et en vitamines.
La digestion du lait de femme s'accompagne d'une dépense énergétique bien moins importante que celle du lait de vache
Le bébé allaité au sein bénéficie ainsi d'un apport nutritionnel optimal, tout en consommant un minimum d’énergie.
Auteur : Dr Marie Thirion